Vous êtes ici : Accueil > Je me souviens > Des survivants témoignent > TÉMOIGNAGE# 03 : Léonard Ndolimana
Par : rwenyuza
Publié : 22 septembre 2014

TÉMOIGNAGE# 03 : Léonard Ndolimana

Bref résumé

Léonard Ndolimana Citoyen Canadien originaire du Burundi.Son père, Ntibayazi Joachim, enseignant de 1ère année, à l’école primaire de Rubura, Province Kayanza, nous a fait fuir vers le Rwanda , après que son ami Tutsi d’ origine rwandaise Mr. BISABANYAMA (qui, lui aussi avait quitté le Rwanda en 1959 ) avait révélé à mon père qu’il était sur la liste des Hutus qui devraient être tués par les militaires Tutsi participant à la déportation et à l’abattage des intellectuels hutu ; convoquée par l’inspecteur provincial des écoles primaires de Rubura et de Jene..

Je me souviens encore

J’étais en cinquième année primaire quand, l’inspecteur des écoles est venu à notre école. Vers 9 heures dans la matinée, une camionnette Peugeot 404 de couleur rouge est arrivée dans la cour de l’école.

C’était l’inspecteur provincial des écoles primaires de Rubura et de Jene qui était avec trois hommes en tenue militaire ayant une liste des noms des enseignants de mon école primaire. Comme ma classe sortait pour aller faire des exercices physiques, on est passé juste à côté de la camionnette rouge gardée par un soldat tutsi, armé d, un fusil au bout pointu. Au fond de la camionnette , partie arrière, mon Pasteur Nyakamwe de la paroisse de rubura ainsi que le représentant légal de l’ U,E.B.R. MR. Semirwano étaient parmi d’ autres hutus têtes baissées. Au moins une vingtaine était dedans.

Notre enseignant semblait être troublé. On a fait un petit tour et on est retourné en classe. De loin, on voyait un militaire qui invitait certains enseignants de l’école à monter dans cet même véhicule.

Cette dernière étant remplie, elle a foutu le camp. C’ est par manque de place que mon père l, a échappé de justesse. Merci mon Dieu. Après de départ des soldats, le maître principal de l, école a ordonné que tout le monde retourne à la maison pour revenir le lendemain.

Vers le soir, Monsieur Bisabanyama ( le rwandais tutsi, ami de mon père) est venu chez-nous, dire à mon père de quitter le pays parce que le temps des hutus est fini, en ajoutant :¨` Je ne veux pas voir tes enfants et ta femme venir pleurer devant moi.¨ Ton nom est sur la liste, ils reviendront demain matin, disait-il.

Après le départ de Bisabanyama, mon père est allé voir nos voisins, enseignants hutus, Bucumi et Tharcice de l’ école primaire de jene pour leur faire part de ce qu’ il venait d’ apprendre, qu’ il passait donc dire Adieu. Au retour à la maison, il attendu qu, on soit endormi pour partir au rwanda la même nuit, avec mon grand frère ainé.

Soutenir par un don