PREUVES IRRÉFUTABLES QUI ATTESTENT QUE LES MASSAGRES DES HUTUS BURUNDAIS EN 1972 SONT UN GÉNOCIDE.

 

Il n’y a aucun doute qu’il y a eu bel et bien le génocide au Burundi contre les Hutus en 1972. Pour ceux qui le doutent encore parce que maux informés ou qui cherchent encore à le camoufler et à le nier, les critères caractérisant ledit génocide ont été clairement et volontairement appliqués.

Ainsi,

 une planification a été minutieusement et savamment établie,
 un groupe ethnique (hutu) a été sélectivement ciblé par un massacre massif à travers tout le pays entier,
des moyens et des institutions de l’État ont été utilisés.

 

En tout notre vécu, toute notre conscience, vérité et honnêteté, nous, burundais survivants et victimes du génocide commis contre les Hutus au Burundi en 1972, affirmons avec persistance ce qui suit et signons.

 

En 1972, au Burundi, le gouvernement à dominance tutsie-Hima dirigé par le Colonel Micombero  Michel, se servant des listes préétablies identifiant les individus et leur ethnie, a procédé aux arrestations massives et ciblées des membres de l’ethnie Hutu. « Ceci dit et au plan, cette fois, de la conception, il paraît bien que le groupe MM Shibura, Yanda, Simbananiye et leurs séides aient décidé, dès le 08 mai  environ et aux termes d’une programmation soigneusement élaborée, d’éliminer physiquement, de tous les secteurs de la vie publique et des entreprises privées, les Barundi d’origine hutu et y occupant tout emploi de cadre, de technicien, voire de simple employé – d’aucuns disent même « tout hutu sachant lire et écrire » ».[1] 

 

Ainsi, sur tout le territoire du Burundi, les hutus de tous les âges à partir de 14 ans, des deux sexes confondus, de toutes les religions confondues, de toutes les professions d’emplois confondues, des commerçants et voire plusieurs paysans qui n’ont jamais fréquenté l’école, les élèves (et étudiants) des enseignements tant primaires, secondaires qu’universitaires, même ceux mariés aux femmes tutsies, se sont vus arrêtés chez eux à la maison, au travail, à l’école.  Ensuite emmenés pour être exécutés et jetés (certains-même vivants) dans les fosses communes et ensevelis. Pour le seul crime qu’ils étaient nés Hutu. De cette manière, l’État burundais dirigé par le colonel Micombero a réussi à massacrer assidument près d’un demi-million d’une ethnie (Hutu) faisant partie de la population de son pays. À tel point que même le roi Mwambutsa IV, alors en exil en Suisse, est sorti de son silence et a dénoncé dans une interview exclusive du 10 juillet 1972 (en peine période des massacres) sans détour et en des termes très clairs que « le GÉNOCIDE a visé surtout l’ethnie hutu sans retenue. Tous les ministres, hauts fonctionnaires : directeurs, professeurs, employés, tous ceux sachant lire et écrire, jusqu’aux étudiants et élèves de 14 ans ont été embarqués et impitoyablement exterminés. »[2]   Effectivement exterminés par ceux-là même qui l’avaient fait renverser du pouvoir par son propre fils, le roi Ntare V, et qui avaient renversé ce dernier trois mois après le 28 novembre 1966 en transformant le Royaume du Burundi en république.

 

Tous les témoignages des survivants ayant vu les leurs emmenés sans pour autant pouvoir les revoir à jamais concordent.  En effet, dès l’instauration de l’institution de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), bon nombre de survivants et victimes Hutus du génocide de 1972 ont déjà fait plusieurs dépositions des mémoires de leurs témoignages auprès de la dite CVR.  Plusieurs autres survivants et victimes de ce même génocide ont fait parvenir leurs témoignages parlants auprès du Collectif des Survivants et Victimes du Génocide des Hutus de 1972 (CSVGH ou le Collectif 1972) qui les rassemble dans un grand recueil qu’il va déposer et défendre auprès de la CVR le temps venu. Plusieurs autres survivants et victimes de 1972 ont choisi de faire vivre leurs témoignages vivants dans de différents ouvrages tels que les livres (histoire, roman, etc..), les conférences.  L’objectif de tous ces témoignages est pour contribuer à faire éclater et rétablir la vérité, faire reconnaître le génocide commis contre les hutus burundais en 1972 et faire de sorte que justice soit faite.

 

 De même les étrangers, expatriés, étudiants, coopérants et diplomates qui étaient sur le terrain au moment de l’horrible pogrome, à travers leurs témoignages, sont unanimes et se rejoignent sur le fait que le génocide, dans sa définition universellement officielle et reconnue, s’opérait contre les hutus burundais sous leurs yeux en 1972. Un génocide étant un crime extrême contre l’humanité consistant en l’élimination physique (destruction) intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel.

 

Un exemple parlant parmi plusieurs autres écrits très éloquents est celui du juriste rwandais, l’ambassadeur Jean-Marie Ndagijimana, qui témoigne ce qu’il a vu et vécu alors qu’il était étudiant étranger à la faculté de droit de l’Université du Burundi quand le génocide contre les hutus a commencé en 1972.  Son témoignage dans son livre insiste sur cette mise au point : « Je ne raconte pas une histoire. Je n’invente rien. Je n’écris pas un roman. Je ne me livre pas à des analyses de situations à la manière des experts. Je n’accuse pas. Je témoigne. Sur ce que j’ai vécu.  Dans ma chair. (…). Lorsque des représentants d’un gouvernement ou d’un groupe armé quelconque, - qu’ils soient ministres, hauts fonctionnaires de l’administration, de l’armée ou de la police, des groupes armées organisées et que sais-je encore – lorsqu’ils dressent des listes de personnes appartenant à un groupe ethnique devant être arrêtées et lorsque le passage à l’acte entraîne la mort de centaines de milliers d’êtres humains comme au Burundi en 1972, il n’est pas permis de jouer avec les mots. Il s’agit bel et bien d’un génocide. »[3] 

Et en détails il décrit dans son livre comment ses collègues étudiants hutus burundais de l’université ont été appelés, sur base d’une liste préétablie, de sortir des groupes des autres étudiants, d’avancer et ont été forcés violement (de façon sanglante) de monter dans des camions militaires et emmenés à des destinations inconnues pour être exécutés. Toutes ces scènes se produisaient devant ses yeux.

Dans la même catégorie de témoignages vécus en direct sur place par des expatriés, on peut citer et consulter le livre de Paul Savatier « L’hiver sur le Tanganyika » paru en avril 1977 (4 ans après le génocide), des Éditons Gallimard.

D’autres ouvrages peuvent René Lemarchand dont « Le génocide sélectif au Burundi » et de plusieurs autres auteurs encore.

 

Pour le Collectif des Survivants et Victimes du Génocide des Hutus de 1972, (avant et après).

 

Frederic Nzeyimana,

Coordonnateur International 


[1] Burundi 1972, au bord des génocides - page 405 – Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, Edit. Karthala 2008

[2] Interview exclusive de S.M. Mwambutsa IV (ex-roi du Burundi jusqu’en 1966) du 10 juillet  1972

[3] Bujumbura mon amour. – Jean-Marie Ndagijimana. Éditions La Pagaie 2005.

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